Édito de la semaine du 18 octobre 2026

Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ?

Me voici à Saint -Éloi. À peine un mois après mon arrivée. Merci infiniment pour votre accueil fraternel.

En ce dimanche de la 29 ème semaine, notre méditation est introduite par cette question étonnante adressée à Jésus :« Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? ». D’emblée, le contexte nous suggère qu’il s’agit bien d’une question posée de mauvaise foi puisque, comme le précise le texte, c’était « pour prendre Jésus en faute en le faisant parler ». Oui, il arrive que l’homme tende un piège à Dieu ! Il importe de percevoir toute la subtilité malveillante ainsi que la flatterie mensongère qui introduisent cette interrogation : « Maître, nous le savons : tu es toujours véridique et tu enseignes le vrai chemin de Dieu… » Mais alors, si ces hommes reconnaissent qui est Jésus et la vérité de son enseignement, pourquoi cherchent-ils à lui tendre un piège ? Sans doute pour trouver un motif d’accusation et le faire périr. Et visiblement, leur stratégie est bien ficelée !

En effet, si Jésus répond « oui », il se range du côté des partisans d’Hérode et apparaît comme un collaborateur de l’occupant romain ; s’il répond « non », il peut être accusé de s’opposer à l’autorité impériale et d’inciter à la révolte. Véritable dilemme ! Mais pas pour Jésus !

Il faut particulièrement remarquer que la réponse de Jésus renvoie d’abord ses interlocuteurs à la perversité de leur cœur et à leur hypocrisie. Jésus Sauveur place avant tout l’homme devant sa conscience et sa responsabilité. Car le véritable mal auquel il s’attaque est celui qui mine le cœur humain : le mensonge, la manipulation, la séduction et toutes les formes de duplicité qui éloignent de Dieu et cherchent à nuire à l’autre. Nous reconnaissons qu’à travers les questions qu’il adresse aux pharisiens et aux hérodiens, c’est aussi le cœur de chacun de nous que Jésus interroge.

Surtout, dans ce passage de l’Évangile, il nous livre une parole devenue emblématique, souvent mal comprise ou déformée, mais qui demeure essentielle :« Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. ». Autrement dit, si la pièce d’argent porte l’effigie et l’inscription de César, il ne faut jamais oublier que l’homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Chaque être humain jouit ainsi d’une dignité sacrée, car l’image de Dieu est gravée en lui. Nous appartenons donc d’abord à Dieu, y compris l’empereur César lui-même. Donc, permis ou non de payer l’impôt à César… ; la bonne question consiste plutôt à chercher et à retrouver notre véritable repère en Dieu Seigneur de tout et Père de tous. Amen.

Père Jean – Claude Nzayisenga